Les Acharnés du Swing au Gypsy Festival

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Les "Acharnés du Swing" avaient quitté pour un temps les caves enfumées où ils jouent habituellement pour apparaître enfin dans la lumière.

Passage réussi pour ces musiciens qui développent un swing énergique, dont la contrebasse et la guitare rythmique jouent le tic et le tac d'un métronome indéréglable compteur du temps, où la batterie, partie prenante de la rythmique, apporte une énergie très rock en injectant du métal en fusion dans le swing. Cela donne un objet jazzant original, estampillé "Acharnés du Swing", dans lequel le soliste puisant son énergie dans le jeu puissant, mais pas si simple pour autant, du batteur, projette les notes par bouquets colorés à la vitesse de la lumière.

Pour le dernier tiers du set, les Acharnés proposaient une configuration originale en invitant Julien Bertrand, que l'on sait accessible à ce genre d'aventure.

Indéniablement son talent et sa poésie propre ont amené une autre dimension à la fin du set. De la rencontre de ces deux univers musicaux différents il a su faire naître quelques belles émotions particulièrement sensibles.

Michel Mathais & photos David Strickler


[Article paru dans Jazz-Rhône-Alpes, édition n°550 du lundi 25 mai 2015]


"Les Acharnés du Swing" pour "Ça Jazze Fort à Francheville"

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Ça Jazze Fort à Francheville jusqu'au troisième set, avec le duo des guitaristes du groupe "Les Acharnés du Swing". Ils se produisent en formation restreinte, sans le contrebassiste et sans le batteur. Il n'est donc pas évident pour les deux musiciens de retranscrire en duo les envolées des riffs de guitare du swing manouche. C'est généralement Maxime Dauphin, le guitariste à cour (droite en regardant la scène), qui attaque la mélodie des morceaux, tandis que Lucas Muller l'accompagne à la rythmique.

Le répertoire de ce soir est essentiellement composé de morceaux de Django Reinhardt ou des morceaux que le maître a joués ou enregistrés. Ils commencent avec Springtime in Swing qu'ils débutent comme tous les titres avec une attaque franche et énergique. Ils poursuivent dans le registre du swing rapide avec Them There Eyes et après une finale du thème nette et coordonnée, ils enchaînent sur Minor Swing. Sur ce thème phare de Django, le soliste monte en intensité dans son jeu. Les deux guitaristes font part de leur dextérité en alternant les solos mélodiques et "la pompe" pour assurer la rythmique. Cela contribue à donner de l'ampleur au jeu du duo. La vivacité du rythme est calmée avec une série de ballades dont la douceur de Danse Norvégienne. Puis Dreams of you, où l'on remarque la grande écoute dans le jeu du duo qui se transmet par le regard complice des deux musiciens. Le rythme rapide fait son retour sur Joseph Joseph. On discerne de l'amusement également lorsque les deux guitaristes donnent l'impression de se passer le swing pendant chaque morceau comme s'il courait sur le manche de leurs instruments et que leurs doigts s'évertuent à le rattraper inlassablement. Ce retour au swing rapide se poursuit avec Sweet Georgia Brown, pour ensuite arriver au final sur le thème Place de Brouckère. Avec celui-ci on comprend que les deux amis sont ravis d'avoir fait ce troisième concert de la soirée. La complicité des deux "acharnés" est évidente sur ce morceau où ils dialoguent au milieu du thème.

Ils ne se font pas prier pour jouer un ultime titre, c'est même eux qui demandent l'autorisation à la salle tout en le proposant ! C'est dire s'ils se feront plaisir en interprétant Coquette et en faisant chauffer les cordes de leurs guitares type Selmer-Maccaferri.

Lorsqu'on leur demande qu'elle est l'origine du rythme de la pompe qu'ils jouent pour l'accompagnement ; s'agit-il d'une pompe alsacienne, parisienne, ou hollandaise ? Ils répondent : "une pompe lyonnaise", comme quoi on peut être à la fois gone, gadjo et jouer fort bien du swing manouche. Finalement cette première soirée de soutien aura swinguée fort à l'Iris, on pourrait peut-être faire un festival avec tout ce groove !!!

Jean-François Viaud & photos Jazz-Rhone-Alpes.com


[Article paru dans Jazz-Rhône-Alpes, édition n°552 du lundi 8 juin 2015]